30 juillet 2017

Vernon Subutex 1 - Virginie Despentes

La récente sortie de Vernon Subutex 3 m'a incitée à lire enfin le premier opus de cette trilogie à succès. Cela a été également ma première rencontre avec Virginie Despentes.

Vernon, ancien disquaire, au chômage depuis que sa boutique a fait faillite, se voit retirer ses droits au RSA. Sans ressources et privé de l'aide de son ancien ami chanteur, récemment décédé, lequel de temps en temps lui payait son loyer, il est obligé de quitter son appartement. Commence alors une errance pendant laquelle il est logé par ses connaissances avant finalement de se retrouver à la rue.

J'ai pris beaucoup de plaisir à suivre Vernon, un gars plutôt sympathique, qui malgré sa situation peu réjouissante ne se laisse pas abattre et profite de ses nombreux contacts pour trouver un coin où dormir. Difficile de s'ennuyer avec un personnage aussi cocasse qui s'entoure d'individus tout aussi pittoresques. Cette galerie de portraits, souvent extravagants et à la marge de la société, est vraiment très intéressante. Côtoyer tous ces gens dans leurs univers variés s'est avéré une expérience hors du commun que je ne manquerai pas de renouveler, d'autant plus que le style de Virginie Despentes me plaît beaucoup. J'ai apprécié son propos mordant et sans concession qui m'a un peu plus fait connaître les faces obscures de la société actuelle.

Grasset - 2015 - 400 pages



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VERNON SUBUTEX

Niedawno wydana trzecia część trylogii właśnie podbija francuski rynek wydawniczy a ja w końcu zdecydowałam się sięgnąć po jej pierwszy tom. Było to też moje pierwsze spotkanie z popularną i niepokorną Virginie Despentes.

Vernon, były właściciel sklepu z płytami na bezrobociu prowadzi raczej beztroskie życie do czasu gdy pewnego dnia kończy mu się prawo do przysługującego mu do tej pory zasiłku. Sytuacja pogarsza się, gdy umiera jego znajomy, dość znany piosenkarz, który od czasu do czasu opłacał mu czynsz. W tym momencie nie pozostaje mu nic innego jak opuścić własne mieszkanie by kątem pomieszkiwać u swoich dalszych czy bliższych znajomych by i tak w efekcie znaleźć się na ulicy.

Niesamowita lektura, która zabrała mnie w podróż po ciemnych zakamarkach dzisiejszego francuskiego społeczeństwa. Vernon, który absolutnie nie jest wzorem do naśladowania, ma swoisty urok, któremu trudno się oprzeć a barwna galeria portretów, stworzona przez Virginie Despentes jest niezwykle interesująca. Trudno się nudzić śledząc losy nietuzinkowego bohatera i jego ekstrawaganckich znajomych nie tylko ze środowiska showbiznesu. Książka o obłudzie, zepsuciu, konsumpcjoniźmie i wyrachowaniu współczesnego świata napisana w lekko kąśliwym, bezpardonowym i pełnym werwy stylu, który bardzo mi przypadł do gustu. Świetny pierwszy opus literackiego fenomenu ostatnich lat. Polecam.

Wydawnictwo Otwarte - 2016 - 376 stron - tłumaczenie Jacek Giszczak

11 juillet 2017

Café Krilo - Baptiste Boryczka

Etant d'origine polonaise j'ai été interpellée par le nom de l'auteur de consonance polonaise et par le titre de son premier roman "Korzen" ("racine" en polonais). Je n'ai pas encore eu l'occasion de le lire mais quand PatiVore m'a gentiment proposé de découvrir son deuxième roman, je me suis dit pourquoi pas, même si de premier abord le sujet du livre ne m'attirait pas tellement.

L'auteur nous projette au Danemark au début du XXII ème  siècle. Le pays a vu ses libertés reculer, gangrené par le nationalisme et il est plongé dans un chaos qui s'étend sur toute l'Europe. Les ultranationalistes soutenus par le clergé conservateur sont au pouvoir. On suit trois amis qui cohabitent dans un quartier délabré de Copenhague, John, un universitaire rebelle, Mark, un militant syndicaliste et Lotte, une ancienne activiste d'opposition. John rêve de ressusciter le café Krilo, ancien lieu de rassemblement des contestataires du régime où il a fait connaissance de Mark.

J'ai vraiment beaucoup aimé cette histoire qui m'a complètement absorbée. Ce futur plutôt sombre, très crédible, est bien construit. La roue a tourné et cent ans après les réfugiés syriens, c'est au tour des Européens, victimes de persécution, de prendre la route vers le sud, à destination des pays nord-africains, réputés plus sûrs et accueillants. Ce clin d’œil à l'actualité est un renversement de situation intéressant. Il y a quelques passages un peu durs, mais jamais choquants. Malgré cette fiction obscure, ce petit livre dégage de l'optimisme et de l'espoir.  J'ai aimé suivre nos trois protagonistes auxquels je me suis attachée et j'ai regretté de ne pas en savoir un peu plus sur le devenir de Lotte. J'aurais vraiment aimé que leurs histoires soient un peu plus développées mais c'est mon seul petit regret car Café Krilo s'est avéré une très sympathique découverte. 

Merci à PatiVore et à Baptiste Boryczka de m'avoir permis de lire ce roman. Il est maintenant prêt à voyager et si vous voulez le découvrir, faites un saut sur le blog de PatiVore qui vous en dira un peu plus. L'idée même de faire circuler un livre m'a tellement séduite que j'ai bien envie de faire voyager certains bouquins de ma bibliothèque. Je pense notamment à quelques traductions des auteurs polonais dont je possède également les éditions originales. Je vous en dirai un peu plus à la rentrée.

Lemieux Éditeur - 2017 - 168 pages

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6 juillet 2017

Victor Hugo vient de mourir - Judith Perrignon

De Victor Hugo je n'ai lu que la traduction polonaise des Misérables il y a des années et je savais peu de choses sur l'écrivain, sa famille, son oeuvre, sa carrière politique, l'exil. J'ai eu l'occasion de visiter son domicile parisien devenu musée et ce livre, bien accueilli par les lecteurs, me faisait vraiment envie.

Le roman relate les dernières heures de Victor Hugo sur son lit de mort et les premiers jours après son décès. Tout Paris se prépare aux obsèques nationales, on suit certains de ses proches, quelques notables, personnalités de la vie politique et ouvriers engagés dans les préparatifs, tous participant à la ferveur populaire. Une manifestation grandiose rendant hommage au grand homme est organisée mais les autorités, craignant des débordements politiques que ces funérailles pourraient déclencher, choisissent un lundi et non pas un dimanche.

Avec beaucoup de sobriété et d'élégance Judith Perrignon nous plonge au cœur de ces préparatifs. Tout en livrant quelques détails de la vie de Victor Hugo elle nous fait connaître les doutes, les craintes, les envies de tous les protagonistes. Grâce à ce roman je me suis rendu compte de la grande popularité de Victor Hugo écrivain et homme politique. J'ai appris un peu plus sur sa vie mouvementée et sur les deuils qui l'ont atteint. Un bel hommage à une grande figure du XIX siècle que j'aurais peut-être apprécié davantage s'il avait été un peu plus romancé. Néanmoins, il s'agit d'une lecture intéressante sur la reconnaissance de la Nation envers un de ses grands hommes.

L'Iconoclaste - 2016 - 256 pages

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1 juillet 2017

Il faut se méfier des hommes nus - Anne Akrich

J'ai d'abord été attirée par la photo de ce bel homme sur la couverture, ce n'est que plus tard que j'ai su qu'il s'agissait de Marlon Brando riant aux éclats. Intriguée par le titre et le résumé, je me suis lancée dans cette lecture avec curiosité mais aussi le doute de ne pas avoir fait un bon choix. Malgré mes réticences, j'ai rapidement adhéré à l'écriture de la jeune écrivaine qui a su m'entraîner dans un étonnant périple.

Cheyenne est une ex-mannequin reconvertie en scénariste. Elle porte aussi le même prénom que la fille de Marlon Brando qui a disparu tragiement. Quand son agent et protecteur Saul Rosenberg lui présente un nouveau contrat, elle se voit mal le refuser malgré ses appréhensions. En effet, pour écrire ce scénario sur Marlon Brando, elle est obligée de retourner à Tahiti dont elle est originaire, une île qui lui rappelle un épisode douloureux de sa vie.

Dans un habile mélange de genres Anne Akrich nous emmène en Polynésie dont l'image paradisiaque se ternit au fil des pages. Entre biographie romancée d'une icone du cinéma, récit d'un tournage courant à la catastrophe, souvenirs d'enfance, drame personnel, ce roman à plusieurs facettes se lit avec plaisir. J'ai aimé découvrir Marlon Brando sous un autre jour, ses amours, son attachement à l'île, ses tragédies, ses caprices et excentricités. J'ai aimé suivre les tourments de cette jeune femme et ses rapports avec Saul dont j'ai apprécié l'humour et le pragmatisme. Un roman réussi qui m'a captivée et m'a agréablement surprise par son originalité. Une sympathique découverte grâce à la masse critique de Babelio que je remercie ainsi que les Editions Julliard.

Julliard - 2017 - 320 pages
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29 juin 2017

Juste avant le bonheur (Dwie sekundy przed cudem) - Agnès Ledig

La toute récente parution de ce roman en polonais m'a incitée à le sortir enfin de ma bibliothèque et tout en entamant la lecture de mon premier livre d'Agnès Ledig, je me demandais si je partagerais l’engouement général qu'il a suscité.

Julie élève seule son petit garçon de trois ans. Pour survivre, elle travaille en tant que caissière dans un supermarché. Elle ne peut pas compter sur ses parents ni sur le père de son enfant, son seul soutien est une amie d'enfance. Malgré la précarité dans laquelle elle se trouve, Julie garde le moral et ne se laisse pas abattre par les difficultés de la vie quotidienne. Tant bien que mal, elle essaie de faire au mieux pour que le petit Ludovic qu'elle adore, ne manque de rien. Un jour, son chemin croise celui de Paul qui, ému par cette jeune femme en train d'essuyer une larme, lui propose de venir avec lui en vacances en Bretagne. Les vacances qui vont bouleverser à jamais leurs existences mais aussi celle du grand fils de Paul qui les accompagne.

Un roman truffé de clichés; une pauvre caissière pleine de courage et un riche célibataire, tout juste quitté par sa femme, qui tombe sous le charme de la jeune maman, sans oublier le fils, un jeune veuf, qui a du mal à retrouver le goût de la vie. Tout est tellement prévisible. Une histoire qui ne m'a pas du tout convaincue ni emportée autant que je l'aurais souhaité malgré le drame qui survient et auquel il est difficile de rester indifférent. La relation entre Julie et son petit Ludovic est assez touchante et la fin est porteuse d'espoir. Le roman se lit facilement et je ne regrette pas ma lecture mais je m'attendais à moins de banalités, moins de pathos sans parler de l'écriture qui ne m'a pas non plus enthousiasmée.

Pocket - 2013 - 336 pages
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DWIE SEKUNDY PRZED CUDEM


Powieść Agnès Ledig ukazała się we Francji w 2013 i spotkała się z dość dużym entuzjazmem czytelników. Kieszkonkową wersję ksiażki posiadałam już od jakiegoś czasu i ukazanie się polskiego tłumaczenia było dobrą okazją by w końcu po nią sięgnąć.

Julie sama wychowuje swojego trzyletniego synka i pracując jako kasjerka w supermarkecie ciężko wiąże koniec z końcem. Nie ma żadnego oparcia w rodzicach, którzy się od niej odsunęli, nie wspominając o ojcu dziecka. Mimo trudnej sytuacji Julie się nie poddaje i dzielnie stawia czolo życiowym przeszkodom by zapewnić synkowi możliwie beztroskie dzieciństwo. Pewnego dnia Julie poznaje pewnego sześćdziesięciolatka, który nieoczekiwanie proponuje jej wspólne jesienne wakacje w Bretanii. Towarzyszy im syn Paula, który nie może się odnaleźć po samobójstwie żony. Te razem spędzone dni na zawsze odmienią losy naszych bohaterów.

Chyba trudno o bardziej banalną historię, biedna ale pełna optymizmu kasjerka, która przypadkiem trafia na porzuconego przez żonę starszego pana. Ten oczywiście nie ma żadnych finansowych problemów i wzruszony losem młodej mamy proponuje jej wspólny pobyt nad morzem. Mimo dramatu, który się rozegra i który poruszy każdego, powieść nie wzbudziła we mnie większego entuzjazmu. Agnès Ledig z czułością opisuje matczyną bezwarunkową miłość i trudno pozostac obojętnym na jej cierpienie znając osobiste przeżycia autorki. Nie ukrywam, że w pewym momencie ja też uroniłam łezkę ale ta łatwo przewidywalna, momentami patetyczna i napisana w przeciętnym stylu historia absolutnie mnie nie zachwyciła. Nie żałuję mojego pierwszego spotkania z twórczością Agnès Ledig ale przed następnym zapewne się powstrzymam.

Andromeda - 2017 - 319 strony - tlumaczenie Eliza Kasprzak-Kozikowska


18 juin 2017

Il reste la poussière - Sandrine Collette

J'aime bien de temps en temps me plonger dans un roman noir ou un polar même si ce n'est pas mon genre de prédilection. N'ayant encore rien lu de Sandrine Collette, j'ai choisi cette auteure car je vois régulièrement passer ses romans sur les blogs et les avis sont généralement plutôt positifs. La quatrième de couverture étant très prometteuse, je me suis lancée dans cette lecture avec beaucoup d'appétit. Pour être noir, ce roman est vraiment noir mais je ne m'attendais pas à ce genre de noirceur.

Cela commence très fort, Rafael, le petit dernier d'une fratrie de quatre, essaie en vain d'échapper à ses deux grands frères jumeaux Mauro et Joaquin qui le maltraitent régulièrement. Il y a aussi Steban qu'on appelle le débile et puis encore la mère, très autoritaire, qui dirige ses fils d'une main de fer. On est en Argentine, dans une ferme isolée, perdue dans la pampa. Le père n'est plus présent, il a soi-disant abandonné sa famille pour fuir cette vie de labeur car dans cet endroit plutôt désertique il faut trimer pour survivre. Une vie très rude où il n'y a pas de place pour la tendresse ou une quelconque affection. Le bonheur, le sourire, la gaieté ne font pas partie de ce quotidien fait d'un travail presque surhumain mais aussi de violence et de crainte. Une existence bien maussade et un dévouement filial sans bornes que deux événements marquants vont pourtant perturber.

C'est cruel, très sombre, souvent assez violent mais aussi un peu long, il faut attendre un petit moment avant que l'histoire prenne enfin un tournant. Le récit qui est un mélange continu des points de vue de chaque protagoniste est très convaincant. Le portrait de cette mère dominatrice et tyrannique est saisissant. L'écriture de Sandrine Collette est un peu distante mais également assez addictive. Même si je m'attendais à un peu plus de suspense ou de sueurs froides et malgré quelques longueurs, j'ai pris un bon temps avec ce roman dépaysant et bien construit.

Denoël - 2016 - 304 pages
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11 juin 2017

Magnolia - Grażyna Jeromin-Gałuszka

Po tytule, okładce czy nawet streszczeniu można byłoby się spodziewać rzewnego czytadła jakich wiele i do jakich mnie nie ciągnie ale wiedziałam, że Magnolia kryje w sobie coś więcej. Autorka ujęła mnie swoim stylem w debiutanckiej powieści "Złote nietoperze", spod jej pióra nie mogła więc wyjść według mnie zła książka. Po jej ukończeniu nie tylko nie było mowy o rozczarowaniu czy nie spełnionych oczekiwaniach, Magnolia mnie tak zauroczyła, że wcale nie miałam ochoty jej opuszczać.

Gdy pilota Filipa Skalskiego porzuca żona i gdy po zawale musi zapomnieć o lataniu, decyduje się zostawić za soba swoje dotychczasowe ułożone życie, sprzedaje mieszkanie i rusza przed siebie by zatrzymać się gdzieś w Bieszczadach. Przypadkiem trafia na człowieka, od którego kupuje jako tako prosperujący pensjonat. Spotyka tam kobiety, wokół których od tej pory bedzie się toczyło jego nowe, jakże inne od poprzedniego, życie.

Historia, która mogłaby zrazić swoją momentami zakręconą fabułą, zachwyca jednak świerzością i oryginalnością. Różnorodność kobiecych portretów, wzruszające losy bohaterów, wciągająca wielowątkowość, świetne dialogi i niepowtarzalny styl Grażyny Jeromin Gałuszki sprawiły, że się w Magnolii po prostu zakochałam, a zakończenie jest, jak dla mnie, mistrzowskie. Ta tragikomiczna powieść w niezwykły sposob porusza, bawi i skłania do zadumy. Autorka zyskała we mnie kolejną wielbicielkę, która nie może się już doczekać, by na nowo pogrążyć się w magicznej atmosferze Magnolii.

Prószyński i Ska - 2013 - 382 strony






9 juin 2017

Danser au bord de l'abîme - Grégoire Delacourt

Je ne sais pas si nos goûts changent au gré de nos lectures successives, on devient peut-être plus exigeant, on a envie d'être de plus en plus surpris. C'est en tout cas la réflexion que je me suis faite après avoir lu le dernier roman de Grégoire Delacourt. Alors que j'ai gardé un très bon souvenir de deux de ses livres (On ne voyait que le bonheur et L'écrivain de la famille), je suis passée complètement à côté du "Danser au bord de l'abîme".

Emma est une femme en apparence très comblée; un mari aimant, trois enfants, une belle maison, une situation confortable. Elle décide pourtant de tout plaquer pour un homme qu'elle connaît à peine, poussée par un désir irrésistible. Rien ne semble pouvoir l'arrêter mais la vie nous réserve parfois de mauvaises surprises et un imprévu peut tout faire basculer. 

Même si je trouve cette histoire un peu trop artificielle (moins dans la dernière partie que j'ai préférée), elle a le mérite d'inciter à la réflexion et soulève pas mal de questions. Peut-on abandonner sa famille, ses enfants pour un homme qu'on désire sur un coup de foudre? Est-ce moral de faire souffrir les autres pour son propre bonheur? 

Outre ce récit qui ne m'a pas vraiment convaincue, des séquences un peu trop théâtrales et pompeuses se succédant et des personnages à qui j'ai eu du mal à m'attacher m'ont empêchée d'apprécier ce roman. Ce qui m'a tout de même gêné le plus c'est le style trop exaltant voire parfois prétentieux. Des phrases de type "Alexandre était un incendiaire et j'avais envie d'être enflammée" m'ont plus irritée que touchée. Une déception donc à laquelle je ne me suis pas vraiment attendue. 

JC Lattès - 2017 - 368 pages
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4 juin 2017

La faute - Michaël Sztanke ~ Alexis Chabert

Une vie en Corée du Nord

Il y a si peu d'ouvrages sur la Corée du Nord, cette couverture rouge a donc tout de suite attiré mon attention. L'auteur a eu l'occasion de visiter le pays trois fois et ce roman graphique est le fruit de ses voyages. L'intrigue est inventée mais les situations et les dialogues sont bien réels.

Chol Il est agent touristique dans la capitale nord coréenne. Il a pour fonction d’accueillir et de surveiller les rares étrangers qui ont eu l'autorisation de pénétrer dans ce pays isolé et hermétique. Comme chaque citoyen, il est obligé de porter le badge représentant les deux précédents dirigeants du pays mais un jour il ne le retrouve plus et à partir de ce moment-là ses ennuis commencent.

L'auteur dresse une image glaçante de ce régime totalitaire où l'état contrôle tout, où le quotidien des habitants n'a rien à envier. Surveillance constante, dénonciations, traque, peur, pauvreté, famine, isolement, une réalité bien triste et bien réelle. J'ai vécu dans un pays communiste mais mon expérience et mes souvenirs n'ont rien à voir avec ce qui se passe dans ce pays où le totalitarisme avec sa propagande et son endoctrinement est poussé à l'extrême. 

Les couleurs de cette bande dessinée n'ont pas pu être mieux choisies, les tons gris pour un quotidien bien sombre et terne, le rouge, symbole du parti communiste omniprésent. Quelques photos prises pendant les voyages documentent cet ouvrage à la fois didactique et bouleversant que j'ai beaucoup apprécié.

Delcourt / Mirages - 2014 - 114 pages

Quelques citations:
"Un million de Nord-Coréens avaient déjà péri lors de la grande famine de 1997."
"La Corée du Nord applique la culpabilité par association. Une famille peut être victime du régime sur trois générations si un de ses membres est reconnu coupable d'opposition ou de faute grave." 
"Les Nord-Coréens ont l'obligation d'aimer leur leader. Ils ne savent pas ce qui se passe à l'extérieur de leur pays. Il peuvent se retrouver en prison à tout moment et pour n'importe quelle raison ... on estime à deux cent mille le nombre de Nord-Coréens enfermés dans des camps de travail."
"Dans les campagnes chinoises du nord, des femmes Nord-Coréennes sont achetées par des paysans. Traquées par le gouvernement chinois et obligées de se cacher, elles n'ont pas d'autre choix que d'accepter cette situation. Les récits de femmes battues, violées ou tenues en esclavage abondent."
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25 mai 2017

Pokochałam wroga - Mirosława Kareta

Zakazana miłość Polki i Niemca w okupowanym Krakowie.

Zabierając sie za pierwszą część sagi rodu Patrycych, nie oczekiwałam arcydzieła, mimo że opinie na jej temat byly raczej zachęcające. Miałam ochotę na ciekawą fabułę i nieskomplikowaną narrację i ta rodzinna opowieść z historyczno-sensacyjnym wątkiem całkowicie spełniła moje oczekiwania.

Gdy po śmierci swojej matki Maksymilian Petrycy przypadkiem trafia na ślad rodzinnej tajemnicy, nie waha się zbyt długo by udać się do Monachium w poszykiwaniu prawdy. Przeplatając jego monachijskie perypetie ze spisanymi wspomnieniami matki Maksymiliana, autorka zabiera nas w podróż do współczesnych Niemiec niedługo po upadku berlińskiego muru i do okupowanego Krakowa. Dość przyjemnie mi się czytało te rodzinne dzieje na tle mniej lub bardziej znanej historii z lat ostatniej wojny i tej nowszej, którą przeżyłam jako nastolatka. Muszę przyznać,  że o Bractwie Bialej Rózy chyba nigdy wcześniej nie słyszałam, chyba że fakt ten zdążył ulecieć z mojej pamięci,  a o realiach postkomunistycznej Polski czytalam z dużą nostalgią.

Styl mnie może nie porwał, ale też i nie zraził i tę całkiem przyzwoicie napisaną historyczno-obyczajową powieść czytało mi się na tyle dobrze, że być moze skuszę się na nastepną część tej krakowsko-monachijskiej sagi.

Wydawnictwo WAM - 2016 - 436 stron

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21 mai 2017

Par amour - Valérie Tong Cuong

Quand on lit beaucoup d'avis positifs sur un roman, on a envie de  partager l'enthousiasme qu'il suscite mais les attentes sont forcément plus grandes. En commençant "Par amour" je me suis bien évidemment posé la question si je l'aimerai autant que les autres lecteurs mais cette crainte d'être déçue s'est vite estompée. Valérie Tong Cuong a su me captiver et me toucher dès les premières pages de cette passionnante histoire. 

En donnant la voix à tous les membres d'une famille havraise, elle nous plonge au cœur de leur drame qui se joue sur quelques années pendant l'occupation allemande après la défaite de 1940. Ce roman ne m'a pas seulement émue, il m'a permis de mieux connaître ce pan de l'histoire dont j'ignorais certains faits et j'apprécie tout le travail documentaire que l'auteure a accompli auparavant. J'aime beaucoup quand les destins des anonymes s'imbriquent dans la grande Histoire et "Par amour" est de ce point de vue très réussi. 

Un superbe roman sur l'amour, moteur de nos actes et des choix que nous faisons face aux écueils de la vie. Une histoire émouvante sur la solidité des liens familiaux, le courage, la force du caractère, la générosité et le doute. Porté par la belle écriture de Valérie Tong Cuong que j'avais déjà affectionnée dans "L'atelier des miracles", ce livre se lit d'une traite et je vous le recommande chaleureusement. 

JC Lattès - 2017 - 416 pages
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19 mai 2017

Watertown - Jean-Claude Götting

Quand j'ai aperçu cette bande dessinée dans le rayon "nouveautés" de ma médiathèque, je l'ai embarquée aussitôt. J'aime bien les polars en BD et pour celle-ci je me suis laissée tenter par les avis de quelques blogueurs.

Philippe Whiting est un employé des assurances sans histoire. A l'occasion d'une visite chez son frère dans une ville voisine, il tombe par hasard sur une femme qui ressemble étrangement à la vendeuse de la boulangerie où il achetait régulièrement ses gâteaux. Celle-ci a disparu deux ans auparavant, le lendemain de la mort accidentelle du propriétaire de la boutique. La femme nie être la personne qu'il a cru reconnaître. Cela lui semble étrange et il commence à faire des recherches en y consacrant tout son temps et toute son énergie.

J'ai adoré cette enquête parsemée de coïncidences et de disparitions que notre détective en herbe découvre au fur et à mesure. Même si je ne suis pas très fan des dessins aux contours bruts dans les tons jaune gris, je trouve qu'ils connotent parfaitement le récit, très prenant et dont le dénouement m'a vraiment surprise.

Casterman - 2016 - 96 pages
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14 mai 2017

Dans la forêt - Jean Hegland

Il aura suffi que "Dans la forêt" soit comparé à "Station Eleven", le roman qui m'a bouleversée en ce début d'année, pour que je me décide à l'acheter et à le lire aussitôt. Il m'a touchée autant si ce n'est pas plus et c'est avec un grand regret que j'ai quitté Eva et Nell en tournant la dernière page de ce magnifique roman.

Les deux sœurs essaient de survivre au milieu d'une forêt quand la civilisation s'écroule. Leur maison isolée devient leur refuge dans un monde où règne le chaos. Le récit de Nell qui raconte leur histoire au présent tout en revenant sur le passé est tellement captivant qu'il m'était difficile de m'arracher de cette lecture. Grâce à un scénario peu banal et tout à fait plausible, l'auteure a réussi à m'impressionner en parlant de l'amour qui lie les deux sœurs. Un amour presque viscéral, plus fort que tout. Mais il y est question également d'une grande solitude, d'une capacité à survivre dans des situations extrêmes et d'une passion qui aide à s'accrocher à la vie. Le monde que Jean Hegland décrit est si réaliste qu'il m'a parfois donné la chair de poule. Quant à l'écriture, je la trouve d'une justesse et d'une élégance remarquables.

C'est un roman qui est à la fois sombre et lumineux où la brutalité et la rudesse côtoient étroitement la délicatesse et l'harmonie. Un roman sublime que je garderai précieusement avec moi pour y revenir. Un énorme coup de cœur.

Gallmeister - 2017 - traduit par Josette Chicheportiche - 304 pages

11 mai 2017

Szum - Magdalena Tulli

Książka trafiła do mnie przypadkiem w ramach koleżeńskiej wymiany. O autorce oczywiście wcześniej już słyszałam ale nie miałam do tej pory okazji przeczytać żadnej jej powieści. 

"Szum" mnie nie zachwycił ani nie poruszył choć temat wydawać by się mogło budzący emocje. W tej autobiograficznej powieści autorka powraca do niezbyt łatwego dzieciństwa naznaczonego samotnością i niezrozumieniem. W rodzinie z tragiczną obozową przeszłością, o której matka woli milczeć, z mało obecnym ojcem, mającą  zawsze rację ciotką i stawianym za wzorzec kuzynem, ciężko jest się jej odnaleźćZapewne szczere osobiste przeżycia przekazane są bez upiększania i bezimiennie. Trudno mi było się choć trochę utożsamić z główną bohaterką czy wykrzesać do niej odrobinę sympatii, tym bardziej że, by zaistnieć i zwrócić na siebie uwagę w szkole i w domu, często ucieka do agresji i matka nierzadko jest wzywana do szkoły, która nie toleruje żadnych wybryków.

Książkę  odebrałam jako swojego rodzaju terapię  będącą rozliczeniem się  pisarki z rodziną i z przeszłością, z którą do tej pory się zmaga i tego rodzaju autofikcja coraz mniej mnie zachwyca. Mimo że te przelane na papier nierzadko bolesne wspomnienia nie wzruszyły mnie tak jak się tego spodziewałam, kiedyś jeszcze powrócę do twórczości Magdaleny Tulli bo jej język i styl, będące jak dla mnie największym atutem "Szumu", są na pewno warte tego bym dała autorce drugą szansę. 

Znak literanova - 2014 - 192 strony

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30 avril 2017

Miniaturiste (Miniaturzystka) - Jessie Burton

Je voulais lire ce livre depuis un moment déjà, la sortie récente du dernier roman de Jessie Burton m'a motivée enfin pour me plonger dans Miniaturiste et je l'ai tout simplement adoré. J'en ai savouré chaque page sans vouloir m'arrêter, cela dans une période où je n'avais que très peu de temps à consacrer à la lecture. Ce roman m'a donc accompagné pendant une quinzaine de jours et j'ai presque regretté de l'avoir terminé.

Je l'ai aimé pour son histoire, celle de la jeune Petronella qui, pour éponger les dettes de sa famille, devient épouse d'un riche commerçant d'Amsterdam, sans que cela ne lui déplaise vraiment. Un étrange mari qui l'évite, sa belle sœur qui l'accueille froidement et une belle demeure au bord d'un canal qui cache plus d'un secret. En cadeau de mariage Petronella reçoit de la part de son mari une somptueuse maison miniature qu'elle s'apprête à agrémenter grâce à de petits objets qu'elle commande chez une mystérieuse miniaturiste.

J'ai beaucoup apprécié cette belle fresque d'Amsterdam de la fin du XVIIème, une ville prospère et moderne où il est bon de flâner, une belle invitation au voyage dans ce lieu unique dans son genre. Moi, en tout cas j'ai bien envie d'y retourner cette fois-ci pour visiter le Rijksmuseum où se trouve la maison miniature qui a inspiré le roman.

S'y ajoutent une intrigue tissée à merveille, des personnages complexes et attachants, des portraits féminins intéressants et une écriture plaisante. Un véritable coup de cœur, un bijou que je vous invite à découvrir si ce n'est pas encore fait.

Gallimard - 2015 - 512 pages - traduit de l'anglais par Dominique Letellier

MINIATURZYSTKA

Miniaturzystka chodziła za mną od ładnych paru miesięcy, w międzyczasie pojawiła się Polsce i ostatnio we Francji kolejna książka Jessie Burton co zmobilizowało mnie w końcu do sięgnięcia po jej pierwszą powieść. Książkę zaczęłam w momencie gdy miałam mało czasu na czytanie i rozkoszowałam sie nią przez prawie dwa tygodnie delektując sie każdą przewracaną stroną.

Osiemnastoletnia Petronella pochodząca z szanowanej ale zubożałej rodziny, zostaje wydana za bogatego zajmującego się handlem mieszkańca Amsterdamu. Młoda małżonka dostaje w prezencie od swego skrytego i unikającego jej męża miniaturę mieszczańskiej kamienicy. Poświecając swój czas na zdobienie jej drobnymi przedmiotami zamawianymi u tajemniczej miniaturzystki, Petronella u boku z pozoru oschłej szwagierki i pary nietypowych służących, odkrywa nie jeden sekret, który skrywa jej nowy okazały dom.

Serwując niebanalną historię autorka zabiera nas w bardzo ciekawą podróż po siedemnastowiecznym Amsterdamie, dobrze prosperującym, jedynym w swoim rodzaju mieście, które do tej pory fascynuje i zadziwia. Ja w każdym bądź razie chętnie wybiorę się tam jeszcze raz by tym razem odwiedzić Rijskmuseum, gdzie można zobaczyć miniaturowy dom Petronelli Oortman, który zainspirował pisarkę do napisania tej powieści.

Świetnie skonstruowana, trzymająca w lekkim napięciu intryga, ciekawe postaci, interesujące portrety kobiece i bardzo przyjemny styl pisarski, czego chcieć więcej. Jest to naprawdę wartościowa i pełna uroku powieść, którą się zachwyciłam i którą wam polecam. 

Wydawnictwo Literackie - 2014 - przekład Anna Sak - 464 strony


21 avril 2017

Certaines n'avaient jamais vu la mer - Julie Otsuka


J'ai commencé ce roman il y a quelques mois en version audio. N'étant pas habituée à ce genre de lecture qui nécessite beaucoup plus de concentration, je l'ai abandonnée en me promettant tout de même de terminer ce livre de façon traditionnelle. Aujourd'hui c'est chose faite et si, cette fois-ci, le support papier m'a permis d'aller jusqu'au bout, cette lecture s'est avérée une déception.

L'histoire de ces Japonaises qui au début du XX ème siècle ont quitté leur pays pour épouser des inconnus de l'autre côté de l'océan, m'était inconnue. Les espoirs de ces jeunes femmes pour trouver une vie meilleure auprès d'époux aimants dans un pays accueillant se sont vite évanouis. Je ne connaissais rien de leurs parcours difficiles, leurs souffrances et leur solitude dans une Amérique qui leur devenait de plus en plus hostile. Si j'ai trouvé le sujet intéressant, si j'ai pu grâce à cette histoire approfondir mes connaissances, je n'ai pas du tout adhéré à la forme du roman. Les longues séquences des faits et des gestes écrites à la première personne du pluriel m'ont lassée et m'ont enlevé toute empathie envers ces nombreuses héroïnes anonymes. Certes, original, ce procédé m'a empêchée d'apprécier ce roman que je n'aurais sans doute pas terminé, s'il avait été plus volumineux. Dommage.

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Phébus - 2012 - 144 pages